Les espèces de carpe : reconnaître chaque variété au bord de l'eau

Publié par Guillaume Desesquelles le 11 avril 2026

Carpiste tenant une grosse carpe miroir sur tapis de réception lors d'une session de pêche à la carpe en hiver

Quand tu soulèves un poisson sur ton tapis, tu sais généralement dire à quelle espèce de carpe tu as affaire — commune, miroir ou cuir. Mais entre une linéaire et une miroir classique, entre une fully scaled et une commune, entre un vrai amour blanc et un gros chevesne aperçu de loin dans l'épuisette du voisin… la frontière devient parfois plus floue qu'on ne le croit.

À raison de plus de 30 nuits par an depuis plus de 25 ans, j'ai eu la chance de poser sur mon tapis à peu près toutes les espèces de carpe et variétés qui nagent dans nos eaux douces françaises — de la commune sauvage de Loire à ma première koï chopée gamin à Center Parcs. Avec mon Bac Pro en élevage aquacole en plus du terrain, ce que je te propose ici, c'est un décryptage concret de chaque espèce. Pas de la théorie recopiée, mais ce que j'ai observé en les tenant entre les mains, session après session, plan d'eau après plan d'eau.

Carpe remise à l'eau après une session de pêche, pratique du no-kill

Cyprinus carpio : une seule espèce, plusieurs variétés

Premier point à poser, parce que la confusion est permanente : la carpe commune, la miroir, la cuir, la linéaire, la fully scaled et même la koï appartiennent toutes à la même espèceCyprinus carpio. Ce ne sont pas des espèces différentes au sens scientifique. Ce sont des variétés issues de mutations génétiques et de sélections humaines accumulées sur 3000 ans de domestication.

Ce qui distingue ces variétés entre elles, c'est principalement l'écaillure. Et ce n'est pas du hasard : la génétique de l'écaillure chez Cyprinus carpio est déterminée par deux paires de gènes (les loci S et N). Les combinaisons de ces allèles produisent les quatre grands types d'écaillure qu'on retrouve au bord de l'eau : complète et régulière (commune), partielle et irrégulière (miroir), quasi absente (cuir), ou complète mais désordonnée (fully scaled). En pisciculture, ces croisements sont maîtrisés pour orienter la production vers tel ou tel type de poisson.

Concrètement, voici comment ça se traduit sur les poissons que tu captures.

Pêcheur accroupi tenant une grande carpe commune à l'écaillure complète et régulière, belle prise lors d'une session de pêche à la carpe en France

La carpe commune (ou royale) — l'écaillure complète

La carpe commune est la souche originelle, celle dont toutes les autres variétés sont dérivées. Son corps est entièrement recouvert de grandes écailles disposées de façon régulière, du museau jusqu'au pédoncule caudal. Le dos va du brun verdâtre au brun foncé, les flancs tirent sur le doré avec des reflets ocre, et le ventre est blanc à jaunâtre.

C'est typiquement le poisson qu'on retrouve le plus dans les rivières et les grands cours d'eau, là où les populations sont restées relativement proches de la souche sauvage. En étang et en lac de barrage, les alevinages successifs ont souvent introduit davantage de miroirs, mais la commune reste bien présente.

Morphologiquement, la commune est souvent plus allongée et fusiforme que les miroirs et les cuirs. Son corps est hydrodynamique, taillé pour le courant. Et ça se sent sous la canne. Lors de mes pêches, j'ai toujours remarqué que les communes — surtout celles de rivière — sont vraiment plus énervées que les autres variétés. Mes communes les plus marquantes, ce sont clairement celles de Loire, prises avec mon pote Michou. Des bombes de puissance. Lors de notre dernière session là-bas, on a cassé cinq fois avant de réussir à mettre au sec notre première prise. Cinq fois. En Loire, la commune sauvage ne pardonne pas le moindre point faible dans ton montage.

Pour aller plus loin sur cette variété : la carpe commune en détail.

Carpe miroir vue de dessus dans une épuisette, montrant son écaillure partielle et irrégulière caractéristique, nageoires aux teintes orangées

La carpe miroir — l'écaillure partielle qui fascine les carpistes

C'est la variété qui fait rêver la majorité des pêcheurs. La carpe miroir se distingue par une écaillure incomplète et irrégulière : de grosses écailles brillantes (parfois 20 à 50 mm de diamètre) réparties de façon aléatoire sur le corps. Le reste de la peau est nu, lisse, avec un aspect cuiré.

Chaque miroir a une disposition d'écailles qui lui est propre, comme une empreinte digitale. C'est ce qui permet d'identifier individuellement les spécimens sur certains plans d'eau — et c'est aussi ce qui rend chaque capture unique.

Le corps de la miroir est souvent plus trapu, plus haut que celui de la commune. La nageoire dorsale est longue, les flancs sont jaunâtres à dorés. En termes de poids, les miroirs atteignent régulièrement des gabarits supérieurs aux communes sur un même plan d'eau, grâce à une croissance souvent plus rapide — un héritage direct de la sélection piscicole.

C'est justement ce caractère unique de chaque miroir qui m'a toujours fasciné. Quand j'étais gamin, j'en avais acheté une quinzaine au Decathlon de Beauvais — ils en vendaient pour les pêcheurs de carnassiers qui les utilisaient comme vifs. Je les avais gardées en aquarium chez moi avant de les relâcher quelques années plus tard dans une petite mare. Les observer grandir et voir chacune développer son propre dessin d'écailles, c'est quelque chose qui m'a marqué et qui explique probablement pourquoi la miroir reste ma variété préférée à poser sur le tapis.

Tout sur cette variété : tout savoir sur la carpe miroir.

Carpiste souriant remettant délicatement à l'eau une grosse carpe cuir au coucher du soleil, pratique du no-kill en pêche à la carpe

La carpe cuir — le corps nu, sans écailles (ou presque)

La carpe cuir pousse la mutation un cran plus loin : son corps est presque totalement dépourvu d'écailles. La peau est lisse, épaisse, avec un aspect qui rappelle effectivement le cuir. On peut parfois observer quelques écailles résiduelles sur le dos ou le pédoncule caudal, mais c'est tout.

Ce que beaucoup de carpistes ne savent pas, c'est que la cuir est génétiquement la variété la moins robuste de Cyprinus carpio. Elle possède moins de globules rouges que les communes et les miroirs, moins de rayons sur la nageoire dorsale, et sa croissance est plus lente. En pisciculture, on évite de produire des cuirs en masse pour cette raison.

Cette fragilité relative a une conséquence directe pour nous, pêcheurs : la manipulation d'une carpe cuir demande encore plus de précautions. Sans la protection des écailles, la peau est plus vulnérable aux bactéries et aux moisissures. Mains mouillées, tapis de réception humide, remise à l'eau rapide — c'est non négociable. C'est valable pour toutes les carpes, mais sur une cuir, la moindre négligence peut laisser des traces durables sur le poisson.

L'article dédié : la carpe cuir et ses particularités.

Carpe linéaire tenue dans une main, montrant clairement sa rangée d'écailles caractéristique disposée le long de la ligne latérale

La carpe linéaire — une rangée d'écailles le long de la ligne latérale

La linéaire est une variété de miroir avec un pattern d'écaillure très spécifique : une seule rangée de grandes écailles alignées le long de la ligne latérale, parfois accompagnée de quelques écailles sur le dos. Le reste du corps est nu.

Ce dessin régulier lui donne un aspect très reconnaissable — certains pêcheurs l'appellent "zip" parce que la ligne d'écailles ressemble à une fermeture éclair. En termes de classification, c'est bien une miroir. Mais sur le tapis, quand tu en tiens une, tu vois tout de suite la différence.

Les linéaires ne sont pas rares, mais elles ne représentent qu'une fraction des miroirs sur la plupart des plans d'eau. Et c'est justement ce qui rend leur capture particulière. Quand tu poses une linéaire, c'est le genre de poisson où tu n'as pas le droit de rater les photos. La session photo qui suit la capture met le photographe à rude épreuve — il faut capter ce dessin d'écailles unique, sous le bon angle, avec le bon éclairage. C'est toujours un moment un peu à part.

Carpe fully scaled dans une épuisette noire, variété présentant l'écaillure complète et régulière d'une commune sur un gabarit de miroir

La carpe fully scaled — l'écaillure complète sur un corps de miroir

La fully scaled (ou "fully") est un cas particulier qui trouble beaucoup de carpistes. À première vue, on pourrait la confondre avec une commune : le corps est entièrement recouvert d'écailles. Mais en y regardant de plus près, les écailles sont irrégulières en taille et en disposition, contrairement aux écailles uniformes et bien rangées de la commune.

Le corps d'une fully a souvent la morphologie d'une miroir — plus trapu, plus haut — mais avec une couverture écailleuse complète. C'est une variante génétique de la miroir, pas de la commune.

Mon critère pour les distinguer à coup sûr : la taille des écailles. Sur une fully, les écailles sont beaucoup plus grosses et surtout non régulières par rapport à celles d'une commune. Sur une commune, tout est ordonné, rangé — les écailles se suivent en lignes nettes, de taille homogène. Sur une fully, c'est le bazar organisé : des grosses, des petites, des moyennes, réparties sans logique apparente. Une fois que tu as posé les deux sur ton tapis, tu ne confonds plus jamais.

Carpe koï la gueule grande ouverte en surface lors d'une phase d'alimentation, poisson d'ornement fréquemment rencontré dans les plans d'eau carpistes

La carpe koï — le poisson d'ornement qu'on retrouve dans nos plans d'eau

La carpe koï est une variété de Cyprinus carpio sélectionnée à l'origine au Japon, au début du XIXe siècle, pour ses couleurs. Les éleveurs japonais ont remarqué des pigmentations rouges sur certains spécimens et ont croisé ces poissons entre eux pour obtenir des robes spectaculaires : rouge et blanc (Kohaku), tricolore (Sanke, Showa), dorée (Ogon), et des dizaines d'autres variétés.

Longtemps cantonnée aux bassins d'ornement et aux aquariums de jardin, la koï se retrouve aujourd'hui dans de nombreux plans d'eau de pêche, soit par introduction volontaire (notamment dans les domaines privés), soit par accident (crues, fuites de bassins). On en croise régulièrement dans les gravières, les étangs et même certaines rivières.

Pour le carpiste, capturer une koï ne change rien en termes de technique — c'est le même poisson, avec les mêmes comportements alimentaires et les mêmes réactions face aux appâts. Mais la photo sur le tapis a une toute autre allure.

Ma première koï, je l'ai prise quand j'avais une dizaine d'années, pendant des vacances à Center Parcs. Un moment magique. Je me souviens encore de ma mère qui disait à mon père : "Regarde la taille de son poisson rouge !" C'est exactement la réaction que ce poisson provoque quand tu ne connais pas — ces couleurs vives dans une épuisette, ça ne ressemble à rien d'autre. Et même après des centaines de sessions, la koï reste un poisson qui met un sourire particulier sur le visage du pêcheur qui la sort de l'eau.

L'article dédié : la carpe koï, du bassin au plan d'eau.

Carpe fantôme à la robe dorée et écaillure partielle caractéristique nageant en surface, hybride de plus en plus présent dans les plans d'eau français

La carpe fantôme — un hybride de plus en plus courant

La carpe fantôme (ou ghost carp) n'est pas une espèce à part entière. C'est un hybride entre une carpe classique (commune ou miroir) et une koï, généralement de couleur pâle. Le résultat donne un poisson à la robe claire — blanc argenté, crème, parfois avec des reflets dorés ou des taches sombres résiduelles — qui tranche nettement avec les teintes brunes habituelles.

On les rencontre surtout dans les domaines privés et les plans d'eau qui ont reçu des empoissonnements mixtes. Leur comportement de pêche est identique à celui d'une carpe classique. La différence principale est visuelle : dans une eau claire et peu profonde, une fantôme se repère beaucoup plus facilement qu'une commune — ce qui peut être un avantage si tu pratiques la traque à vue, mais aussi un inconvénient pour le poisson face aux prédateurs (cormorans, hérons).

Perso, je n'ai jamais eu la chance d'en poser une sur mon tapis. C'est un poisson qu'on croise surtout dans les domaines anglais et certains plans d'eau privés en France, mais qui reste peu répandu dans les eaux publiques. Si tu en as déjà capturé une, tu fais partie des chanceux.

Amour blanc (Ctenopharyngodon idella) nageant dans une eau limpide, vue de dessus montrant sa silhouette allongée et effilée sans barbillons

L'amour blanc (Ctenopharyngodon idella)

L'amour blanc est un cyprinidé originaire du bassin du fleuve Amour, en Asie. Son corps est allongé, fusiforme, avec de grandes écailles et une coloration gris-vert à argentée. Il peut dépasser 1,50 m et atteindre 45 kg.

Sa particularité majeure : un régime quasi exclusivement herbivore à l'âge adulte. Il broute la végétation aquatique — plantes immergées, algues filamenteuses, herbiers entiers. C'est pour cette capacité de "tondeuse biologique" qu'il a été introduit dans de nombreux étangs et lacs français, afin de contrôler la végétation envahissante.

Pour le pêcheur, l'amour blanc est un poisson de combat exceptionnel. Ses départs sont explosifs, sa puissance sous la canne est redoutable. Mais il est aussi extrêmement méfiant et beaucoup plus délicat à capturer qu'une carpe classique. Et surtout, il supporte très mal l'air libre — la remise à l'eau doit être rapide.

Mon premier amour blanc, je l'ai fait avec mon pote Loulou. Il m'avait emmené sur un plan d'eau privé dans l'Oise. J'avais eu la chance de le prendre avec une simple bouillette flottante. Il pesait 7,5 kg — pas le plus gros gabarit du monde, mais le combat qu'il m'a offert était d'anthologie. Un poisson de 7 kilos qui tire comme un de 15, avec des accélérations sèches et des changements de direction imprévisibles. Là, tu comprends pourquoi l'amour blanc a une réputation à part chez les pêcheurs qui ont eu la chance d'en décrocher un.

L'article complet : l'amour blanc en détail.

Jeune pêcheur tenant une carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix) au bord de l'eau, espèce filtrante à écaillure fine argentée

La carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix)

La carpe argentée est un poisson filtreur qui se nourrit principalement de phytoplancton — des algues microscopiques en suspension. Son corps est argenté brillant, latéralement aplati, avec des yeux positionnés très bas sur la tête. Elle peut atteindre 1,20 m pour une quarantaine de kilos.

Elle est surtout connue pour un comportement spectaculaire : des sauts hors de l'eau déclenchés par le bruit (moteurs, pagaies). En Amérique du Nord où elle est devenue envahissante, ces sauts causent régulièrement des accidents avec les plaisanciers.

En France, sa présence reste discrète. On la rencontre parfois dans les grands fleuves et certains lacs de barrage, mais elle n'est pas ciblée par les carpistes vu son régime alimentaire planctonique.

Jeune pêcheur tenant une carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis) à la robe sombre et tachetée, capturée en bord d'étang

La carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis)

Proche de l'argentée, elle s'en distingue par une tête massive qui peut représenter un tiers du corps. Elle filtre le zooplancton (micro-organismes animaux) plutôt que le phytoplancton. Gabarits similaires — 1,50 m, plus de 40 kg. Introduite pour le contrôle du plancton, elle est considérée comme potentiellement envahissante dans certaines eaux où elle entre en compétition avec les espèces autochtones.

Jeune pêcheur tenant un gros amour noir (Mylopharyngodon piceus) à la robe sombre et aux grandes écailles, capturé en bord d'étang en été

La carpe noire (Mylopharyngodon piceus)

Moins connue, la carpe noire est le plus gros cyprinidé d'Asie. Son régime est basé sur les mollusques et les crustacés — escargots, moules d'eau douce, écrevisses — qu'elle broie avec des dents pharyngiennes puissantes. Coloration sombre, brun foncé à noire, corps allongé et robuste. Sa présence en France est anecdotique.

Remise à l'eau d'un carassin commun (Carassius carassius) à la robe dorée-brun foncé et aux nageoires orangées, espèce sauvage apparentée à la carpe

Le carassin commun (Carassius carassius)

Petit cyprinidé trapu, doré à bronze, qui ressemble à une carpe en miniature. La différence clé : pas de barbillons. C'est le critère d'identification le plus fiable. Son corps est plus haut, plus aplati latéralement que celui d'une carpe, et sa nageoire dorsale est convexe.

Il dépasse rarement 2 kg et fréquente les mêmes milieux — étangs, mares, eaux calmes et peu profondes. Il est omnivore, résistant, capable de survivre dans des conditions extrêmes (faible oxygénation, eaux très froides, fonds vaseux).

Groupe de poissons rouges et carassins argentés (Carassius auratus) nageant en aquarium, représentants ornementaux de la famille des Cyprinidés proches de la carpe

Le carassin argenté et le poisson rouge

Le carassin argenté (Carassius gibelio) est une espèce invasive arrivée d'Europe de l'Est, capable de se reproduire par gynogenèse : les femelles peuvent utiliser le sperme d'autres cyprinidés pour déclencher le développement de leurs ovules sans fécondation réelle. Cette capacité de reproduction lui permet de coloniser rapidement les plans d'eau et de créer des déséquilibres biologiques dans les populations piscicoles existantes.

Le poisson rouge de bassin (Carassius auratus) est lui aussi un carassin. Quand il s'échappe dans le milieu naturel, il reprend une coloration bronze-olivâtre en quelques générations et peut s'hybrider avec les carassins locaux. C'est un vrai problème pour la gestion des cheptels — relâcher ses poissons rouges de bassin dans un étang ou une rivière, c'est introduire un risque concret de perturbation du milieu aquatique.

Tableau récapitulatif des espèces et variétés de carpe

Variété / Espèce Nom scientifique Écaillure Poids max Régime alimentaire Fréquence en France
Commune (royale) Cyprinus carpio Complète, régulière 40+ kg Omnivore Très courante
Miroir Cyprinus carpio Partielle, irrégulière 40+ kg Omnivore Très courante
Cuir Cyprinus carpio Quasi absente 35+ kg Omnivore Courante
Linéaire Cyprinus carpio Ligne latérale 40+ kg Omnivore Peu courante
Fully scaled Cyprinus carpio Complète, irrégulière 40+ kg Omnivore Peu courante
Koï Cyprinus carpio Variable 35+ kg Omnivore Courante (domaines)
Fantôme C. carpio (hybride) Variable 35+ kg Omnivore Peu courante
Amour blanc C. idella Complète 45+ kg Herbivore Courante
Argentée H. molitrix Complète 40+ kg Phytoplancton Rare
Grosse tête H. nobilis Complète 40+ kg Zooplancton Rare
Noire M. piceus Complète 50+ kg Mollusques, crustacés Très rare
Carassin Carassius spp Complète 2 kg Omnivore Courant
Gros plan sur la gueule d'une carpe commune montrant ses quatre barbillons caractéristiques, signe distinctif de l'espèce

Étape 1 — Les barbillons

Deux paires (4 barbillons) = carpe (Cyprinus carpio) ou amour blanc. Pas de barbillons = carassin ou autre cyprinidé (gardon, chevesne, brème). Pour comprendre le rôle des barbillons et des autres organes sensoriels, jette un œil à l'anatomie de la carpe.

Pêcheur tenant une carpe commune à écaillure complète et régulière, spécimen typique des eaux françaises

Étape 2 — La forme du corps

Allongé et fusiforme = commune de rivière ou amour blanc. Trapu, haut, dos bossu = miroir, cuir ou fully.

Petite carpe commune tenue dans une main au-dessus d'un filet de pêche, spécimen juvénile avec écaillure dense

Étape 3 — L'écaillure

(critère décisif entre les variétés de Cyprinus carpio) :

  • Écailles complètes, régulières, en rangées nettes → commune
  • Écailles complètes mais irrégulières en taille → fully scaled
  • Grosses écailles partielles, réparties aléatoirement → miroir
  • Écailles uniquement le long du flanc → linéaire
  • Quasiment aucune écaille, peau lisse → cuir
Pêcheur sur ponton tenant une carpe miroir avec une carpe commune posée sur le tapis de réception, deux variétés de Cyprinus carpio

Étape 4 — La couleur

Robe vive (rouge, blanc, orange, doré intense) = koï ou hybride fantôme (robe pâle, crème, argentée).

Vue frontale de la tête d'une carpe cuir la gueule ouverte, corps lisse sans écailles caractéristique de cette variété

Étape 5 — La gueule

Gueule plus petite sans les lèvres charnues typiques, sur un corps argenté allongé = probablement un amour blanc. Pour comprendre ce que ces poissons cherchent dans ton amorçage : le régime alimentaire naturel de la carpe.

Carpiste sur ponton tenant une belle carpe commune à la robe dorée avec tapis de réception et cannes en arrière-plan, session de pêche à la carpe en été

La manipulation

Une cuir demande plus de précautions qu'une commune bien écaillée. Les koïs issues de bassins peuvent être moins méfiantes que des communes sauvages de rivière. Et un amour blanc, c'est un tout autre poisson sous la canne — sa puissance, sa vitesse et sa fragilité à l'air libre exigent une approche spécifique.

Carpiste en waders et combinaison camouflage épuisant une carpe à l'aide d'une grande épuisette au crépuscule, moment du combat et de la récupération du poisson

Le combat

Sur ce point, mon expérience est claire : les communes, surtout celles de rivière, sont vraiment plus énervées que les autres carpes. Le combat est plus nerveux, plus linéaire, avec des rushs longs et puissants. Les miroirs d'étang, à gabarit équivalent, offrent un combat différent — plus en force brute, avec des coups de tête et des départs courts. Quand tu as l'habitude de pêcher les deux, tu sens souvent la différence avant même de voir le poisson dans l'épuisette.

Nageoire dorsale dorée d'une carpe affleurant la surface, signe visuel de présence du poisson utilisé pour la lecture du plan d'eau

La lecture du plan d'eau

Comprendre la diversité génétique d'un étang te renseigne sur son histoire piscicole : un plan d'eau avec uniquement des miroirs a probablement été empoissonné récemment avec du poisson de pisciculture, tandis qu'une rivière à dominante de communes abrite une population plus ancienne et naturalisée. Ça rejoint directement la longévité des carpes et la gestion des cheptels piscicoles.

Les questions fréquentes sur les espèces de carpe

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Combien d'espèces de carpe existe-t-il dans le monde ?

On recense environ 1500 espèces et sous-espèces de cyprinidés appelés "carpes" à travers le monde. En France, le carpiste croise principalement Cyprinus carpio sous ses différentes variétés (commune, miroir, cuir, linéaire, fully, koï) et l'amour blanc (Ctenopharyngodon idella). Les carpes argentée, à grosse tête et noire sont présentes mais rares.

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Quelle est la différence entre une espèce et une variété de carpe ?

Une espèce est un groupe d'individus capables de se reproduire entre eux et de donner une descendance fertile. Cyprinus carpio est une espèce. La commune, la miroir et la cuir sont des variétés au sein de cette espèce — elles diffèrent par leur écaillure mais se reproduisent entre elles sans problème. L'amour blanc, lui, est une espèce totalement distincte qui ne peut pas s'hybrider avec Cyprinus carpio.

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Quelles espèces de carpe remontent le courant ?

Toutes les variétés de Cyprinus carpio sont capables de nager contre le courant, surtout en période de frai quand elles cherchent des frayères peu profondes et végétalisées. L'amour blanc en est également capable. En rivière, les communes de souche sauvage sont réputées pour occuper les veines de courant et se déplacer sur de longues distances.

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La carpe cuir est-elle plus rare que les autres ?

La cuir est moins fréquente que la commune et la miroir. Sa moindre robustesse (moins de globules rouges, croissance plus lente) fait qu'elle survit moins bien en milieu naturel. Les pisciculteurs en produisent aussi moins. Mais elle n'est pas exceptionnelle — sur la plupart des étangs correctement gérés, tu en croiseras au fil des sessions.

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Comment différencier une carpe commune d'une fully scaled ?

Regarde la régularité des écailles. Sur une commune, les écailles sont de taille similaire et disposées en rangées nettes. Sur une fully, les écailles couvrent tout le corps mais varient en taille — certaines nettement plus grosses que d'autres — et leur disposition est irrégulière. La morphologie aide aussi : une fully a souvent le profil trapu d'une miroir plutôt que le corps fusiforme d'une commune.

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La carpe fantôme est-elle une espèce à part ?

Non. C'est un hybride entre une carpe classique et une koï. Elle appartient toujours à Cyprinus carpio. Sa particularité est purement esthétique : une robe pâle (blanc, crème, argenté) qui la rend très reconnaissable sur le tapis.

Tu veux aller plus loin sur la biologie et le comportement de ce cyprinidé qui passionne les pêcheurs ? Tous mes articles sur les variétés, l'anatomie, la reproduction et l'alimentation de la carpe sont regroupés dans le silo Carpe.