Guillaume Desesquelles, le carpiste derrière Magnifixcarp

40 ans de pêche. Un Bac Pro aquaculture. Plus de 80 000 passionnés qui me suivent. Et toujours la même adrénaline quand mon détecteur sonne.

Tout a commencé sur un port breton

Je pêche depuis que je sais marcher. Mes premiers poissons, c'étaient des merlans attrapés sur un port en Bretagne avec mon père, pendant les vacances d'été. J'avais à peine trois ou quatre ans. C'était il y a bientôt quarante ans.

Très vite, j'ai accroché à la pêche au gardon, à la canne, sur l'étang communal de Milly-sur-Thérain, dans l'Oise. Ma nourrice habitait juste en face. Elle me surveillait depuis sa fenêtre pendant que je passais mes journées au bord de l'eau avec les autres gamins qu'elle gardait. On y allait même le matin avant l'école, et on courait ensuite pour attraper le car. Résultat : des lignes de punition. "Je dois prendre le car avec des chaussures propres pour aller à l'école", copié 50 ou 100 fois.

Pour se payer du matériel, on faisait le tour des cabanes autour de l'étang et on vendait nos gardons comme vifs aux pêcheurs de carnassier. Chaque mercredi, ma mère devait m'emmener au Décathlon après son travail pour que je dépense les quelques francs grappillés dans la journée. Et bien sûr, je dépensais toujours plus que ce que j'avais.

Georges, la truite et les leçons des anciens

Le mari de ma nourrice, Georges, était un passionné de pêche à la truite. Je l'accompagnais au bord de la rivière Le Thérain pour l'observer pêcher. C'était un ancien, un vrai. Il me racontait ses histoires de pêche d'après-guerre, comment la rivière avait changé, comment les mouches de mai disparaissaient année après année, comment les populations de poissons s'effondraient.

C'était il y a une trentaine d'années. Georges voyait déjà ce qui est aujourd'hui sous nos yeux.

Sa patience, sa présence, il était retraité et toujours disponible, m'ont énormément fait progresser. Il m'a transmis les trucs des anciens, ceux qu'on ne trouve dans aucun magazine. Sans lui, je ne serais pas le pêcheur que je suis aujourd'hui.

Le déclic carpe

Naturellement, je suis passé au brochet. À l'époque, on gardait tout ce qu'on prenait, le no-kill n'existait même pas dans notre vocabulaire. Les poissons finissaient chez les voisins, les amis. J'étais un gamin obsédé par la pêche : le week-end, je râlais sur mes parents quand ils me laissaient dormir le matin. Chaque minute passée loin de l'eau était une minute perdue.

Et puis un jour, je suis tombé sur un magazine de pêche à la carpe. Les nouvelles techniques, le no-kill, le matériel, ces poissons puissants photographiés dans des épuisettes... Les étoiles se sont alignées. Je n'avais pas le choix : il fallait que je me lance.

Je me suis équipé avec mes moyens et j'ai commencé à pêcher le même étang communal. Ma première carpe, je l'ai prise chez Max, un ancien qui avait une cabane au bord de l'eau. Une commune de 7,5 kilos. Tu n'as qu'à voir ma tête sur la photo, j'étais au anges.

À cette époque, le problème, c'est que la carpe n'était pas à la mode. Quelques poissons traînaient, mais c'était très difficile de les prendre en journée. Je me suis dit que pour y arriver, il fallait pêcher la nuit. Expliquer ça à mes parents quand on est ado ? C'est non.

Et puis j'ai sympathisé avec Loulou, le cantonnier du village. Il passait me voir à chaque fois qu'il roulait avec son tracteur. Lui aussi pêchait la carpe depuis longtemps. L'inévitable est arrivé : il m'a invité à faire une pêche du vendredi au samedi dans sa cabane. Ma passion pour la carpe était officiellement lancée.

Du permis de conduire aux quatre coins de la France

Année après année, je me suis mieux équipé. Et quand j'ai enfin eu mon permis de conduire, tout a changé. J'ai pu pêcher dans des coins que je ne connaissais que par les magazines : les Ardennes, le Var, la Vendée, des lacs mythiques comme Saint-Cassien ou Le Genet, la Courrassière, la Loire...

Mon record personnel : une miroir de 25,4 kg. Mais au fond, ce qui me fait vibrer, c'est autant les partages avec les potes à 4 heures du matin sous la pluie que le combat avec un poisson de 20 kilos. C'est aussi l'attente, le silence, la connexion avec le milieu.

Un Bac Pro aquaculture, pas juste pour le CV

La pêche ne m'a pas seulement passionné : elle a orienté mes études. J'ai passé mon BEP aquaculture à la MFR d'Écluse-Vaux dans la Somme, puis mon Bac Pro élevage aquacole à la MFR de Challans en Vendée.

C'est à Challans que j'ai rencontré mon pote Michou, qui était dans ma classe. On s'est fait pas mal de sessions ensemble depuis. D'ailleurs, on s'en planifie encore au moins une chaque année depuis ! "Avec Michou, on n'est pas souvent d'accord, mais à la pêche, tout est fluide." 🤣

Cette formation m'a donné une compréhension du poisson que la plupart des carpistes n'ont pas. La biologie de la carpe, ses besoins nutritionnels, la qualité de l'eau, le comportement alimentaire selon la température... tout ce que j'ai appris en cours, je l'applique au bord de l'eau. Quand je te parle de profils d'appâts ou de stratégie d'amorçage sur le blog, ce n'est pas de la théorie recopiée : c'est du vécu croisé avec des connaissances solides.

Magnifixcarp : d'un projet de bouillettes à +80 000 carpistes

J'ai créé la page Facebook Magnifixcarp en avril 2012. À l'origine, c'était censé être une marque de bouillettes que je développais avec un collègue de travail. Le projet a été abandonné, mais j'ai gardé la page pour partager mes histoires de pêche.

Treize ans et plus de 5 000 publications plus tard, Magnifixcarp est devenu bien plus qu'une page Facebook. C'est une communauté de passionnés qui échange chaque jour sur la carpe.

La communauté aujourd'hui :

  • TikTok : +40 000 abonnés
  • Facebook : +26 000 abonnés
  • Instagram : +15 000 abonnés
  • YouTube : +1 500 abonnés
  • Newsletter : +400 abonnés

Et depuis peu, le blog magnifixcarp.com où je condense tout ce que j'ai appris en quarante ans de pêche : carpe, matériel, montages, appâts, techniques, spots, réglementation...

Pourquoi je fais tout ça

Gamin, je dévorais les magazines carpe. Chaque numéro, chaque récit de session, chaque test de matériel, je lisais tout, plusieurs fois. Ces magazines m'ont appris énormément et m'ont fait rêver pendant des années.

Aujourd'hui, je veux rendre la pareille. Partager mes sessions, mes erreurs, mes découvertes, sans filtre et sans discours marketing.

Et puis soyons honnêtes : dans mon entourage proche, je n'ai pas de pêcheurs. Alors il faut bien que je partage mes pêches avec quelqu'un. Pourquoi pas toi ?